
Parmi les nominations à la direction de la Banque Mondiale, on retrouve la liste habituelle de fonctionaires anonymes, mais cette année il y a deux exceptions : Bono et Paul Wolfowitz. Bono, le chanteur de U2, est nominé pour sa popularité, et son implication dans le mouvement de réduction de la dette et son penchant environentaliste. À l’autre extrême, on retrouve Paul Wolfovitz, un des faucons de l’aile conservatrice américaine. Conseiller influent sous l’administration Bush père et fils, Wolfowitz est un des principaux stratèges derrière les guerres de prévention et la construction de l’axe du mal. Secrétaire à la défense pendant le premier mandat de junior, Wolfie -de son petit nom- risque de diriger la Banque Mondiale pendant les 6 prochaines années. Cette institution se charge du développement : ses principaux clients sont les pays en voie de développement et sous-développés. Cet expert de la défense, sorti tout droit de l’école néo-conservatrice sous les auspices de Allan Bloom et Leo Strauss sera donc responsable d’améliorer le sort des pays moins nantis... Traditionellement reservé aux Etats-Unis qui controllent par leur contribution 17% des votes, la présidence de la Banque Mondiale n’a rien de trop démocratique. Le système de vote est basé sur le montant de contribution et réflète la distribution de pouvoir économique au niveau mondial. En passant, la même dynamique s’observe au sein du Fond Monétaire International, qui prête de l’argent à court terme aux pays en difficulté avec une liste de conditions de plus en plus longue. Seule différence : la présidence est choise par l’Europe. D’ailleurs candidature de Wolfie risque peut-être de remettre en question cet accord entre gentlemen. Si les pays de l’Union Européenne votent à l’unisson, ils pourraient bien s’opposer formellement à ce qu’un faucon républicain vienne mettre son bec dans la Banque Mondiale. Je préfères toujours Bono...